Du massif de la Sainte-Baume,
jusqu’au rivage de la Méditerranée, la vigne
manifeste partout sa présence familière.
Orienté plein Sud, le terroir regarde la mer et bénéficie
d’un ensoleillement exceptionnel de près de 3000 heures
par an. Dans un amphithéâtre naturel, le vignoble
de bandol s’étage en restanques (terrasses) sur environ
1500 hectares. Ces paysages résultent de la persévérance
de générations de vignerons : au fil des siècles,
ils ont dû sculpter les coteaux pour pouvoir y travailler
la vigne.

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Un balcon sur la mer
Pour retenir le sol et épierrer les terrains, les vignerons
ont édifié d’innombrables murets de pierres
sèches, montés à main d’homme, les fameuses
restanques de Bandol. Ils sont devenus de véritables bâtisseurs
pour créer des parcelles cultivables, conquises sur les
collines, en respectant les courbes topographiques. Ces terrains
ainsi fixés sont particulièrement favorables à la
vigne. Les restanques permettent également une bonne régulation
naturelle des ressources hydriques. Aujourd’hui, les vignerons
poursuivent la mise en valeur des terres abandonnées au
début du siècle. Par leur résistance à la
pression foncière, ils apportent une contribution majeure à l’entretien
de l’espace, à la sauvegarde de l’environnement
et à l’harmonie du paysage.
Une géologie à facettes
Les sols de l’aire d’appellation, en majorité calcaires,
très caillouteux avec quelques marnes sablonneuses et grès
sont aussi différents que le laisse prévoir une géographie
tourmentée. L’érosion naturelle des roches
mères du crétacé supérieur (grès
calcarifères et marnes sableuses) a donné naissance à des
sols de grès enrichis d’éléments silico-calcaires
qui sont les plus représentatifs de l’aire d’appellation.
On observe parfois des sols jurassiques et triasiques, calcaires,
rouges ou blancs, argilo marneux ou sablonneux. Le trait d’ensemble
est l’aridité quasi minérale des terrains,
sols peu fertiles, riches en calcaires et bien drainés.
Pour préserver ce caractère, les rédacteurs
du décret ont pris soin de ne délimiter en aire d’appellation
que les terres en coteaux. Cette aridité naturelle est équilibrée
par l’humidité de l’air marin et par une pluviométrie
modeste (600 mm/an en moyenne), mais idéale pour compenser
le déficit hydrique estival. L’aire d’appellation
concerne huit communes suspendues entre mer et montagne, au sud
du massif de la Sainte-Baume : Bandol, La Cadière d’Azur,
Saint-Cyr-sur-Mer, Le Castellet, Le Beausset, Evenos, Ollioules
et Sanary. |